Une fois de plus, cet article va aborder le sujet du boulot.
Parce qu'à chaque fois, je crois que je franchis des limites. Les limites de la connerie. De l'indécence. Du sans-gêne. De la non-instruction. Et autres, d'ailleurs.
Mais aujourd'hui. J'ai failli mourir sur place. D'ailleurs, j'ai, pour la 2e fois de ma minuscule carrière, perdu l'usage de la parole un court moment.
Mise en situation :
Un administré se plaint, depuis mi-décembre, de ne pas recevoir correctement son salaire et son complément de chômage.
Il a 24 ans, 2 enfants, un appartement avec un arriéré de loyers énorme (+/- 4.000 €)
Moi, je lui répète depuis le début de son contrat qu'il devrait absolument chercher un temps plein (c'est l'hôpital qui se moque de la charité, diront certains ^^) afin de ne dépendre que de son employeur et avoir un salaire correct.
J'essaie aussi de lui faire miroiter le fait qu'avec ce salaire, il pourrait avoir une petite maison en location pour lui et sa famille. Une maison sociale, ça va sans dire. Et ça me révolte parce que sa bonne femme reste toute la journée à la maison (chômage + allocations familiales) et qu'il fait du black à crever.
Bref.
Action du jour :
Comme ça fait un moment qu'il me saoulait pour que je l'aide à toucher correctement son salaire et ses allocations, je téléphone à de nombreuses reprises à son syndicat qui ne parvient jamais à me donner la raison qui fait qu'il n'a pas de salaire.
J'ai alors obtenu qu'une personne de son secrétariat social passe au bureau afin qu'on examine à deux le dossier et que l'on s'adresse aux bonnes personnes pour avoir les bons papiers (le formulaire b34 à rendre au bureau 17 entre 14h10 et 14h12).
Faire déplacer un employé d'un secrétariat social relève du prodige (surtout pour se déplacer chez l'administrateur provisoire d'un travailleur d'un client).
Et j'ai honte ... mais HONTE de ce qui suit :
J'accueille cet homme qui me serre la main très longuement en me regardant d'un air gourmand (rien à voir avec la suite, mais ça devait être souligné). Je prends un air d'adulte (en y mettant beaucoup de persuasion), j'utilise de magnifiques mots.
L'administré arrive (en retard, faut-il le préciser) et nous commençons l'entretien. Qui a vite tourné court.
Car quand nous avons examiné le dossier de l'administré, il s'est révélé qu'il y avait un nombre incroyables de congés non-justifiés. Genre ... j'ai pas envie d'aller au boulot. Alors je n'y vais pas. Je ne préviens personne. Et j'imagine que je vais être payé.
Moi, je me suis sentie rougir. Rouge de rage et rouge de honte à la fois. Avec une envie de démonter la tête de pauvre enfoiré.
C'est là que je lui ai demandé de se justifier, histoire que le Juge de Paix soit mis au courant de la raison de la diminution de rentrée d'argent (oui, j'ai menti, je voulais juste savoir comment il justifierait). Et bien, certains jours, il devait garder un enfant malade. Un autre son scooter n'avait plus d'essence. Un autre, il avait mal à la gorge.
Conclusion provisoire :
Sentant que je perdais mon temps ainsi que le gestionnaire de dossier (qui me regardait intensément mais avait une alliance rutilante à l'annulaire), j'ai congédié (je vous ai dit que j'utilisais de jolis mots au boulot) l'administré en lui réapprenant les bases des règles du travail.
Après "on n'a pas le droit de violer les autres détenus dans les douches" d'il y a 2 semaines, c'est "quand on a un travail, on doit s'y rendre".
La crème de la crème :
Il me tend un papier que j'examine une fois seule dans le bureau (après que le gestionnaire de dossier m'ait assurée que je pouvais l'appeler au moindre problème. Une carte de visite et repoignée de main pleine d'insistance).
Ce papier est en fait la facture de pharmacie du mois. 76 € (record battu). Et dans ces 76 € ... 1 test de grossesse classique. 2 tests précoces de grossesse.
Je me suis assise. D'un coup.
Il va probablement avoir maintenant 3 enfants. Non non non non non non non.
Et il l'aura, lui, son logement social. Puisqu'il va se faire mettre dehors et qu'il aura deux enfants en bas-âge et un nourrisson.
Ah oui, aussi. Vous vous rendez compte, j'espère, qu'en fait je suis devenue assistante sociale de manière autodidacte ?
Parce qu'à chaque fois, je crois que je franchis des limites. Les limites de la connerie. De l'indécence. Du sans-gêne. De la non-instruction. Et autres, d'ailleurs.
Mais aujourd'hui. J'ai failli mourir sur place. D'ailleurs, j'ai, pour la 2e fois de ma minuscule carrière, perdu l'usage de la parole un court moment.
Mise en situation :
Un administré se plaint, depuis mi-décembre, de ne pas recevoir correctement son salaire et son complément de chômage.
Il a 24 ans, 2 enfants, un appartement avec un arriéré de loyers énorme (+/- 4.000 €)
Moi, je lui répète depuis le début de son contrat qu'il devrait absolument chercher un temps plein (c'est l'hôpital qui se moque de la charité, diront certains ^^) afin de ne dépendre que de son employeur et avoir un salaire correct.
J'essaie aussi de lui faire miroiter le fait qu'avec ce salaire, il pourrait avoir une petite maison en location pour lui et sa famille. Une maison sociale, ça va sans dire. Et ça me révolte parce que sa bonne femme reste toute la journée à la maison (chômage + allocations familiales) et qu'il fait du black à crever.
Bref.
Action du jour :
Comme ça fait un moment qu'il me saoulait pour que je l'aide à toucher correctement son salaire et ses allocations, je téléphone à de nombreuses reprises à son syndicat qui ne parvient jamais à me donner la raison qui fait qu'il n'a pas de salaire.
J'ai alors obtenu qu'une personne de son secrétariat social passe au bureau afin qu'on examine à deux le dossier et que l'on s'adresse aux bonnes personnes pour avoir les bons papiers (le formulaire b34 à rendre au bureau 17 entre 14h10 et 14h12).
Faire déplacer un employé d'un secrétariat social relève du prodige (surtout pour se déplacer chez l'administrateur provisoire d'un travailleur d'un client).
Et j'ai honte ... mais HONTE de ce qui suit :
J'accueille cet homme qui me serre la main très longuement en me regardant d'un air gourmand (rien à voir avec la suite, mais ça devait être souligné). Je prends un air d'adulte (en y mettant beaucoup de persuasion), j'utilise de magnifiques mots.
L'administré arrive (en retard, faut-il le préciser) et nous commençons l'entretien. Qui a vite tourné court.
Car quand nous avons examiné le dossier de l'administré, il s'est révélé qu'il y avait un nombre incroyables de congés non-justifiés. Genre ... j'ai pas envie d'aller au boulot. Alors je n'y vais pas. Je ne préviens personne. Et j'imagine que je vais être payé.
Moi, je me suis sentie rougir. Rouge de rage et rouge de honte à la fois. Avec une envie de démonter la tête de pauvre enfoiré.
C'est là que je lui ai demandé de se justifier, histoire que le Juge de Paix soit mis au courant de la raison de la diminution de rentrée d'argent (oui, j'ai menti, je voulais juste savoir comment il justifierait). Et bien, certains jours, il devait garder un enfant malade. Un autre son scooter n'avait plus d'essence. Un autre, il avait mal à la gorge.
Conclusion provisoire :
Sentant que je perdais mon temps ainsi que le gestionnaire de dossier (qui me regardait intensément mais avait une alliance rutilante à l'annulaire), j'ai congédié (je vous ai dit que j'utilisais de jolis mots au boulot) l'administré en lui réapprenant les bases des règles du travail.
Après "on n'a pas le droit de violer les autres détenus dans les douches" d'il y a 2 semaines, c'est "quand on a un travail, on doit s'y rendre".
La crème de la crème :
Il me tend un papier que j'examine une fois seule dans le bureau (après que le gestionnaire de dossier m'ait assurée que je pouvais l'appeler au moindre problème. Une carte de visite et repoignée de main pleine d'insistance).
Ce papier est en fait la facture de pharmacie du mois. 76 € (record battu). Et dans ces 76 € ... 1 test de grossesse classique. 2 tests précoces de grossesse.
Je me suis assise. D'un coup.
Il va probablement avoir maintenant 3 enfants. Non non non non non non non.
Et il l'aura, lui, son logement social. Puisqu'il va se faire mettre dehors et qu'il aura deux enfants en bas-âge et un nourrisson.
La question du jour est :
Est-ce que j'envoie cet article à Francis
ou est-ce qu'on le garde jalousement ?
Est-ce que j'envoie cet article à Francis
ou est-ce qu'on le garde jalousement ?
Ah oui, aussi. Vous vous rendez compte, j'espère, qu'en fait je suis devenue assistante sociale de manière autodidacte ?
Carrie est multifonction \o/
RépondreSupprimerBen moi je dis, bravo !! bravo ! aux limites infinies de la connerie humaine qui nous permet d' être parfois ridicule mais qui alimente bien des conversations !!! S'il n' existait pas ce type, et bien, on ne l' inventerait sûrement pas !!!
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